VOYAGES INTÉRIEURS

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Contemplation

778 Lumière blanche
778 Lumière blanche

Pendant la contemplation de ce matin, j’étais contrarié par un serpentin qui brûlait juste derrière moi, mais j’observais, semble-t-il, cette contrariété depuis un autre niveau de conscience et en étais comme détaché et distant. Je voyais le monde – et les gens qui m’entouraient – comme un spectateur distant qui ne se prend plus au jeu de l’illusion. Comme quand on se réveille après un rêve, on sait que c’est un rêve et on n’y croit pas, mais on sait quand même s’il fut agréable ou désagréable et on est à même d’observer l’émotion qu’il a suscitée. Intéressant : on voit avec certitude que la « réalité » n’est qu’une illusion quand on est suffisamment distant d’elle pour ne pas pouvoir se prendre à son jeu trompeur. Le tout est de ne pas s’attacher à l’état dans lequel on est à ce moment-là et de ne pas oublier qu’il est lui aussi une illusion. C’est moins évident sur le moment ; ça le devient quand cet état a disparu, ce qui ne manque pas d’arriver, bien sûr. Je me demande si cet état est lié à la vue du dzogchen*, l’état de présence, ou plutôt aux jhanas* ; ou si c’est la deuxième apparence, celle du yogi, qui appartient au sambhogakaya*. Il n’y a pas de rayons arc-en-ciel, mais un scintillement, une sorte de clarté inhabituelle. Il semble que les préoccupations intellectuelles soient en veilleuse ; on est plutôt dans un état émotionnel paisible et radieux qui est très agréable. 


Dzogchen (tibétain) : littér. la grande perfection. Doctrine de l’école nyingma du bouddhisme tibétain, introduite au Tibet au huitième siècle par Padmasambhava. Ses adeptes considèrent le dzogchen comme un enseignement secret du Bouddha et comme le niveau suprême de tous les enseignements bouddhiques.

Jhana (pali ; sanscrit : dhyana) : absorption méditative. Les jhanas sont des états de profonde méditation produits par la concentration. Les enseignements du Bouddha citent huit jhanas – quatre jhanas de la sphère matérielle subtile et quatre jhanas de la sphère immatérielle. Si Ayya Khema insistait beaucoup sur l’importance de la pratique des jhanas, curieusement, ils sont rarement enseignés dans les milieux bouddhistes occidentaux, et même souvent déconseillés.

Trikaya (sanscrit) : trois corps, triple corps. Dans le mahayana, le trikaya représente les trois corps d’un bouddha : le dharmakaya, le corps de la loi, ou corps de vérité ; le sambhogakaya, le corps de jouissance ; le nirmanakaya, le corps de transformation, ou corps de manifestation. Ils peuvent aussi représenter trois niveaux de réalité : celui du monde de la dualité, celui des formes pures, qu’on trouve dans la nature et dans l’art, et celui de la vacuité, ou de rigpa.

 

30 décembre 1990, Kandy (Sri Lanka)

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